Un accueil joyeux au Laos

Luang Namtha
04 décembre 2016

Laos, contré autrefois faisant partie de l’Empire colonial Français, façonné par les administrateurs coloniaux et dont les traces sont encore largement présentes. Quel n’est pas l’amusement lorsque vous voyez inscrit sur son fronton « Bureau de poste de Huay Xay », ou encore « Bureau de l’administration du district de Luang Namtha »…
Résurgences de cette présence Française, avec le pain qui se pétri ici comme à Paris…
Alors que l’Asie semble uniforme vue d’Europe, elle est très diverse en réalité. Passé le pont et le contrôle des passeports, c’est un relief qui change, montagneux, et un développement économique bien loin de celui Thaïlandais.
Simplicité et bonne humeur, loin des masques de marbre des thaï, je ne compte plus les fois où je dis « Sabaïdii » aux enfants qui me saluent sur le bord de la route. La langue semble proche, mais est en réalité assez éloignée du thaï.

Après quelques kilomètres, je m’arrête à Nam Ho Thai.
Ni Seejong – le catéchiste – ; ni le Père Lansam ne sont là. Cela ne fait rien, après quelques minutes de flou artistique, la paroissienne en charge de l’église, m’invite dans sa maison et m’explique que je dormirai ici ce soir. L’église St Paul (cela ne s’invente pas !) consiste en un bâtiment très simple, en retrait de la route. A la manière des pèlerins au moyen-âge, j’y dormirai cette nuit-là.

Peu après être arrivé, c’est l’animation dans le village, les enfants arrivent et touchent au vélo, essaient le casque, sont impressionnés par sa taille, et la séance de photos avec eux démarre ! Tous veulent poser, voir un peu ce avec quoi ce Farang veut aller jusqu’en France – une drôle d’idée puisqu’il y a des avions désormais.
Je rencontre tour à tour des villageois, et explique une bonne dizaine de fois mon projet, pourquoi je souhaite m’arrêter ici précisément ce soir, etc… Pour l’instant le thaï suffit, dans quelques jours cela ne sera plus possible. Tous sont très heureux de pouvoir m’héberger ce soir et je dîne dans une maison, invité par l’un d’entre eux.
Puis une fête d’anniversaire a lieu ce soir, je me retrouve donc au milieu d’une soirée, avec la jeunesse de ce village chrétien, musique, gâteau, Beerlao… En somme quelque chose de tout à fait normal, mais qui tranche avec les villages chrétiens que j’ai pu visiter en Thaïlande. Ils semblent pareils mais ce sont des peuples différents.
Ambiance bon enfant, ça rigole, discute, prend des photos avec moi, tous heureux et fiers de montrer qu’un farang était là pour cet anniversaire à leurs amis via Line ou Facebook !
Une communauté chrétienne qui vit, qui ne reste pas toute la journée dans l’église mais qui sait également se détendre, passer de bons moments ensembles. C’est un grand choc pour moi qui n’avais pas du tout envisagé cette vision de l’Eglise ici.

Vient ensuite le temps d’aller se coucher, une longue route m’attend le lendemain. La température a chuté et la couverture n’est pas de trop ce soir.
Au réveil, plusieurs anciens se chauffent autour d’un feu – plaisir oublié depuis plus d’un an – Dieu que c’est une belle sensation ! Nous palabrons en buvant le café puis je fais mes bagages, il est temps de partir.
La sacristine m’offre gentiement un sac de riz gluant que je mangerai sur la route.

Cette dernière m’offre une belle étape de 112km, avec des beaux dénivelés et des paysages splendides. Un village niché sur la ligne de crête, de part et d’autre de la route qui serpente pour descendre dans la vallée suivante. Couleurs pastel, cabanes en bois, et enfants qui jouent au milieu des poules et oies qui passent d’un côté à l’autre de la route sans sourciller, simplement perturbées par le passage des camions.

Le Poète Lao est un artiste,
Le poème Lao n’est pas toujours un art triste,
C’est sa main qui écrit, c’est son coeur qui le dit
La page est sa plus belle amante, son esprit,
Il la soigne, la lisse et la caresse, cette déesse,
Il l’emplit, baigne chaque pied de sa tendresse.

Il l’habille en blanc ou en couleur selon son envie,
Il lie le vrai et le faux, il embellit le ton et l’harmonie
Il ne la couvre que de mots assortis et précis,
D’un coup de pinceau il recrée la vie
Créant milles partitions de joie.

Nulle déception, tristesse ou douleur,
Il peint les yeux tels qu’on y voit le bonheur.
D’un tour de main il dessine la mélodie de l’éternité,
Il chante la bonté pour effacer la maudite cruauté.

Le poète Lao est un artiste,
Le poème Lao n’est pas toujours un art triste,
Il change détresse en richesse, mendiantes en princesses
Il colore les étoiles et les descend par milliers en plein jour.
Les Mor Lam1 chantent ses vers dans les cours,
Il convertit le pire en sainteté, la puissance en faiblesse.

Il transforme le désespoir, reforme le chagrin en amour,
Il taquine la cour, il transmet des mots, de l’humour.
Il a ce don de la beauté des écrits, et pour sa création
Il parfume sa poésie et y ajoute une goutte de passion.

Il égaye pluie en beau temps, invente d’autres odeurs,
Il conte et distrait le monde, séduit et fait vibrer les coeurs.
Il calme sa faim à la fin de son dernier vers prononcé.
Il revient sur terre dans son sort et dans sa pauvreté.

Le poète Lao est un artiste,
Le poème Lao est parfois un art triste.

Saysamone AMPHONESINH

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *