Premiers coups de pédales

Maetowo, le 5 novembre 2016

Ca y est, c’est presque parti. Premiers coups de pédale sur mon vélo pour rallier Mae Sot à Maetowo, lieu du départ de l’aventure A cross in the world à la fin du mois. C’est dans moins de 22 jours que je partirai sur les routes à la rencontre des chrétiens, la date approche !
Ces 140 km, parcourus en 2 étapes, auront été l’occasion d’un entraînement et d’un test du matériel avant le grand départ.
Il me reste encore un certain nombre de choses à bricoler mais je suis heureux de voir que tout a bien fonctionné.
Point négatif, la perte de ma pompe entre Mae Ramat et Mae Tan… J’espère qu’à l’avenir cela ne se reproduira pas trop souvent.

Jeudi matin à Mae Sot. Après avoir soigneusement fait mes sacoches, rangé la cabane (la maison où j’habite lorsque je suis à Mae Sot pour la mission), remplis les bouteilles d’eau, il est temps de partir vers le nord. Rapidement sorti de l’agglomération, la 4 voies toute neuve rend le pédalage plutôt agréable – n’ayant à lutter que contre le vent et non en même temps le bitume – pour une mise en jambe.
Les kilomètres défilent, et je suis même surpris de mon rythme. Il faudra toute ma concentration et les aiguilles de ma montre pour calculer, les bornes kilométriques aidant, ma vitesse et me rendre compte que le compteur donne le la.
Pause déjeuner à Mae Ramat, déjà 32km de parcouru, finalement cette promenade à vélo jusqu’à Paris devrait bien se passer me dis-je.
Après le déjeuner, la remise en action est plus difficile. La route se fait plus sauvage, serpentant au bord de la Moei, face à la Birmanie et jouant avec le relief. C’est peu de choses en voiture, mais éreintant à vélo à force de relancer en permanence ! Heureusement la beauté des paysages vaut largement l’effort, déjà qu’en Songteo cette route est splendide, à vélo elle l’est encore plus.

16h, j’arrive à Mae Tan exactement comme prévu sur mon tableau de marche. Gageons que cela soit le cas tout au long de cette aventure mais mon petit doigt me dit que ça risque d’être légèrement différent de la théorie.
Les sœurs qui y tiennent une maison d’accueil pour les Karens et avec lesquelles je travaille régulièrement m’accueillent avec joie – j’avais prévenu donc ça aide un peu – ; tout comme leur chauffeur Djenipa qui m’avait dit la semaine dernière que je n’arriverai jamais jusqu’à Paris avec mon vélo, et que même aller de Mae sot à Mae tan c’était beaucoup trop ! 85km dans la journée c’est pile poil ce qu’il faut pour vous entretenir un homme et Djenipa est tout heureux de me voir arriver.
Les filles de la croix http://www.fillesdelacroix.net/ est un ordre religieux francophone dont la mission est de Glorifier Dieu par la Sainteté de sa vie et le faire glorifier par les petits et les pauvres. En Thaïlande vous avez donc une Italienne, 2 françaises, une Canadienne et une Burkinaise. Internationalisation réelle mais francophone. Au service des Karens, elles leurs assurent des soins ainsi que de l’écoute pour les aider à s’intégrer dans la société thaï.
Je croise également le Père Nicolas (MEP) qui file à Ponouyapou ce soir, et dont je vous en dirais plus prochainement.
Après un temps de pause et une douche chaude (très rare en Thaïlande lorsque vous êtes volontaire), il est temps de prier les vêpres en communauté. Quelle joie d’être en communion avec l’Eglise entière, c’est ce qui fait la beauté de la liturgie des heures. Partout dans le monde des prêtres, religieux et laïcs prient chaque jour les mêmes psaumes et hymnes, un beau modèle de l’universalité de l’Eglise.

Après un bon dîner, je ne fais pas long feu et verrai demain le problème d’internet que les sœurs m’avaient demandé ou plutôt s’étaient engagé en mon nom à régler !
Nuit réparatrice mais les courbatures sont présentes le vendredi – écho aux mystères douloureux ? Non pas vraiment, mais surtout le manque d’entraînement. Cela s’atténuera vite je l’espère.
Après quelques manip informatiques pour régler un souci informatique et malheureusement sans succès (si vous êtes experts en routeurs internet, ça m’intéresse), je pars vers Mae Towo. Route splendide, peu de voiture, souvent à l’abris des arbres et au bord de la Birmanie, beaucoup de sourires et salutations. Les jambes tournent toutes seules, ce qui est plutôt rassurant bien que je n’ai pas encore ni la charge habituelle ni le kilométrage moyen journalier. Mais qu’importe, ça n’est que le début !
Après 3 heures, j’attends Maetowo, Après 55km de route sans histoire et avec un soleil bien présent.
Pas de soucis matériels précis, mais déjà les aléas du kilométrage par les agents des DDE locales : « Maetowo 2km, puis encore 2km, etc… »
Heureusement que je savais où aller et connaissais le chemin.

Me voilà donc avec mon vélo sur le lieu de départ, qui aura lieu le jeudi 24 novembre, en la fête de Saint André Dung Lac, prêtre, et ses compagnons, martyres. 117 martyres mis à mort au Vietnam entre 1745 et 1862 qui ont tous préféré souffrir l’exil, la prison, les tortures, et enfin les derniers supplices plutôt que de fouler aux pieds la croix et faillir à la foi Chrétienne.

A bientôt pour d’autres nouvelles.

Paul

2 réactions au sujet de « Premiers coups de pédales »

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