Nouvelles du Liban

Depuis Beyrouth

Nouvelles du Levant

Chers amis, c’est désormais au Levant que je me trouve, à Beyrouth, capitale du pays du Cèdre – le Liban. Lié depuis de nombreux siècles à la France, riche d’une culture diverse et pays d’une infinie complexité, j’ai eu la chance de le découvrir plus en détails durant une semaine à l’occasion de l’université d’été de PhilOrient, jeune association voulant travailler au rapprochement entre les chrétiens d’Orient et d’Occident.
3 piliers fondateurs pour rythmer les journées :
– Intellectuel
– Fraternel
– Spirituel

Une semaine à arpenter le chouf, théâtre de violents combats durant la guerre civile Libanaise, avec des personnes s’y étant battues, à écouter d’anciens officiers généraux nous parler de l’indispensable dialogue entre chrétiens et musulmans pour préserver la paix, ce à quoi tous aspirent.
Une semaine à prier en communauté avec des messes dans les différents rites, la liturgie des heures est moins solitaire – prière de l’Eglise par excellence – et les cantiques s’élèvent dans La Chapelle Notre-Dame de l’Annonciation.
Une semaine où certains ont découvert l’écriture d’icônes, d’autres la réalisation de mosaïques, arts exigeants une patience et de la minutie qui n’est pas vraiment ce qui me caractérise de prime abord.
Une semaine d’échanges avec des participants venant de toute la France, mais aussi du Liban, de Syrie, du Mexique ou de la Suisse.

Et puis c’est aussi le privilège d’être accueilli au sein du couvent Saint-Sauveur à Joun, écrin de paix qui servi pendant 10 ans de quartier général aux forces chrétiennes dans la région. La liturgie Grecque Melkite au petit matin dans cette chapelle extraordinaire, beauté de ces rites qui n’ont pas changé depuis 1500 ans.

Une université d’été, au milieu d’un périple à vélo, n’est-ce pas étonnant quand même ? Et bien je vous dirai qu’elle a tout son sens, surtout ici au Liban. La complexité depuis les temps immémoriaux de cette région demande de passer du temps, de questionner les acteurs de l’histoire. Et puis la providence travaille toujours en m’envoyant à l’endroit où je devais être. Descendant de la Cappadoce où Saint Paul a visité des communautés chrétiennes, passant par Tarse, c’est sur les hauteurs de Sidon que j’ai résidé pendant une semaine.
A Sidon, Saint Paul rencontra pour la première fois Saint Pierre, dans ce qui est aujourd’hui la Cathédrale Saint Nicolas – St Patron des marins en Orient – ; pierre fondatrice de sa mission d’évangélisation. Lui l’apôtre voyageur, l’Oriental ayant fondé l’Eglise d’Occident par son martyre à Rome, a arpenté les chemins que j’ai parcouru. L’Hermon, le Mont Liban, le chouf, la côte Libanaise.

Cette semaine fût riche d’enseignements pour moi, remettant en cause des idées, notamment sur la capacité de personnes s’étant battues les unes contre les autres pendant 20 ans ou plus, et martelant aujourd’hui le même message : Le Liban est un exemple que l’on peut vivre en paix entre religion. Personne de plus que ceux ayant fait la guerre n’apprécient autant la paix nous ont martelé nos intervenants, qui ont mille fois raison.

« Le Liban est un message » disait le Pape Saint Jean-Paul II en 1997 à l’occasion de sa visite au pays du Cèdre.
C’est ce que j’ai pu expérimenter durant cette belle semaine, dont la seconde édition aura lieu l’année prochaine également au Liban et à laquelle je vous invite fortement à vous rendre ! La Promotion Notre-Dame de l’Annonciation fût un grand succès !

Revenons rapidement sur les derniers kilomètres parcourus depuis l’Arménie. La traversée d’est vers l’Ouest de la Turquie sur ces grands plateaux d’Anatolie se fait sans histoires particulières, où je redécouvre un peu plus le camping sur plusieurs jours avec une satisfaction non dissimulée. Planter sa tente, cuisiner, dormir puis au lever du soleil boire un café brûlant les yeux encore mi-clôt à la fois par la lueur levante et le souvenir tout frais de la nuit. Un bel accueil le soir du 14 juillet par Faruk dans sa ferme, une fête nationale bien différente de celle connue par les métropolitains.
Arrivé en Cappadoce après une journée harassante, un changement de chaîne devenu urgent à Kayseri, c’est Bruno qui m’héberge pendant les 3 jours où je vais l’arpenter sur les pas des premiers chrétiens. Cela sera le sujet d’un article à part entière tant ces vallées rocheuses et ces habitations troglodytes sont ébouriffantes. Les fresques des églises du VIII° au X° siècle également.

La suite du programme sera donc la Jordanie où je me rendrai dans quelques jours, à nouveau en avion, afin de visiter les lieux où SOS chrétiens d’Orient, un de mes partenaires est présent afin d’aider au quotidien des familles chrétiennes. J’ai participé durant 4 jours, quelque peu au pied levé à un patronage à côté de Sidon, où 160 enfants passaient des vacances sous l’égide de volontaires d’SOS chrétiens d’Orient ; en Jordanie cela sera plus long.

D’ici-là il ne fait aucun doute que de nombreuses surprises vont arriver, notamment pour réparer mon vélo, dont le pédalier est mal en point, une voiture m’a percuté alors que j’étais à l’arrêt, tordant ledit pédalier qu’il faut changer. La providence m’aidera, cela n’en fait pas de doute !

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