Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem !

Depuis Jérusalem

Jérusalem, son nom suffit à faire apparaître un élan mystique. Jérusalem céleste, juchée là-haut sur la colline, où le Christ enseigna, puis fût jugé, mis à mort et ressuscita.
Une étape qui s’est au fur et à mesure imposée dans mon itinéraire, tant elle est la ville la plus importante de la chrétienté.

Le psaume 121 est tout ce que l’on peut dire d’elle, une fois face à elle le temps s’arrête. J’y suis, Jérusalem.

Quelle joie quand on m’a dit : « Nous irons à la maison du Seigneur ! »
Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem !
Jérusalem, te voici dans tes murs : ville où tout ensemble ne fait qu’un!
C’est là que montent les tribus, les tribus du Seigneur, * là qu’Israël doit rendre grâce au nom du Seigneur.
C’est là le siège du droit, * le siège de la maison de David.
Appelez le bonheur sur Jérusalem : « Paix à ceux qui t’aiment !
Que la paix règne dans tes murs, le bonheur dans tes palais ! »
A cause de mes frères et de mes proches, je dirai : « Paix sur toi ! »
A cause de la maison du Seigneur notre Dieu, je désire ton bien.

Il m’est difficile d’exprimer l’émotion que j’ai eue en apercevant ses murs. La montée depuis Jéricho (200m sous le niveau de la mer) jusqu’à Jérusalem (700m) n’est pas une simple vue de l’esprit, et sous un soleil de plomb avec de nombreux soucis mécaniques, fût difficile. Comme si le malin tentait de me décourager, de m’empêcher d’accomplir ce pèlerinage.
Face à la porte de Damas, les remparts de la vieille ville prennent une autre dimension, et c’est le sentiment d’accomplissement qui vous envahie.
12 777km exactement à pédaler avant d’arriver devant cette porte, 9 mois d’efforts et de rencontres qui prennent encore plus sens ici.
Je franchis la massive porte construite sous le règne de Soliman le Magnifique, au 16° siècle, et me dirige dans le tumulte de la rue vers le Saint Sépulcre.
Les petites ruelles tortueuses sont remplies d’activité, de marchants proposant ici des fruits, là des chaussures, ou encore des appareils électroniques. Plus la distance diminue avec le Saint-Sépulcre, plus la chrétienté se fait présente avec des magasins d’art chrétien. Puis passant une petite porte où il est nécessaire de se courber, le Saint Sépulcre est face à moi. Massif et ramassé, sans trop de recul dû à l’exiguïté des lieux, vous ne pouvez vous en détacher.
Cela me paraît presque irréel d’y être, et j’ose à peine y rentrer. Un long moment dehors tout d’abord, puis posant ma bicyclette le long du mur de la basilique, je rentre dans ce lieu sacré.

Immédiatement à droite je monte l’escalier très raide qui conduit au Golgotha, où étonnamment il n’y a pas foule. Déposer ses intentions au pied de La Croix, littéralement, est une expérience de Foi extraordinaire. Sous le regard de Marie, les mots de Péguy se rappellent à moi. « Mère voici tes fils qui se sont tant battus ».
Au pied de la croix, le rocher est apparent. Protégé par une plaque de verre de l’altération du temps et de la dévotion des pèlerins, blanc et simple.
Le contraste avec la décoration de la Basilique est saisissant. D’un côté les peintures, mosaïques, iconostases, tableaux et encensoirs à profusion, de l’autre un simple rocher nu.
L’atmosphère est recueillie, priante, et calme. Point de groupe de touristes caméra en bandoulière, bob décapotable vissé sur la tête. Des pèlerins, attendant patiemment de pouvoir prier là où La Croix fût plantée.
J’y confie les chrétiens rencontrés tout au long de cette route, particulièrement ceux qui ne pourront jamais se rendre à Jérusalem.

Il est temps ensuite de rejoindre Bertrand, qui m’héberge durant ce temps où je suis à Jérusalem, dans la grande tradition de l’hospitalité Orientale, merci à toi !
La marche n’a pas pris fin, mais une belle étape est déjà réalisée.

Les prochains jours seront chargés en rencontres et en découvertes, Deo Gratias !

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