Le Vietnam et ses surprises

Depuis Dali

Le Vietnam fût pour moi un enchantement. Des paysages au relief prononcé, mais cultivé. Prodiges de l’Homme qui façonna la montagne à sa main, pour y cultiver de quoi subsister.
Des terrasses nichées à des endroits improbables, et dont les chemins d’accès doivent être tout aussi sûrs que ceux de Dien Bien Phu en mars 1954. Ces terrasses rendent un dégradé de couleurs absolument splendide, sculptant le paysage d’une main de maître.
Parti de Dien Bien Phu vers le nord, dans une brume persistante, je découvre des vallées cultivées comme jamais. Pas un centimètre carré ne reste inexploité, rendant même difficile le projet de dormir sous la tente ! Le riz est roi ici, mais aussi le café, les tomates, le maïs et bien d’autres légumes.
Une belle rencontre de 4 cyclistes thaïlandais, originaires de l’Isan, peu avant ////. Ils étaient forcément beaucoup moins chargés que moi, dormant à l’hôtel et n’ayant pas de vêtements chauds à porter.
Je poursuis ma route dans la vallée, passant de l’une à l’autre par de courtes côtes de quelques kilomètres mais non moins pentues. Les lacets ne semblent être que pour dire qu’il y en a ! Devant les maisons, les enfants jouent, les cochons se promènent, coursant par moment les poules… Une vie campagnarde bucholique qui rend les kilomètres joyeux et non monotones.
Un soir, cherchant en vain une place pour dresser ma tente, je demande à une famille si je peux dormir sous leur maison, et ils acceptent. J’ai même la possibilité d’une douche (froide, n’exagérons rien), puis ils m’offrent à dîner. Au moment où je souhaite dormir, et commence à déplier mon tapis de sol en dessous de la maison sur pilotis, la fille aînée me fait signe de monter et me montre une natte avec couverture. Je ne pouvais rêver de mieux ! Une bonne nuit réparatrice plus tard, je poursuis vers Sin Ho, petite bourgade perchée à 1500 mètres d’altitude sur un magnifique plateau et aux airs de Cantal.
Une belle montée de 23 kilomètres avec des paysages à couper le souffle, vue imprenable sur la vallée, puis le plateau lorsque le soleil décline. Jeux de lumières, les tons jaunes des rizières fraîchement moissonnées contrastant avec le vert des montagnes et les nuances de gris des roches… Je m’arrête plusieurs minutes pour contempler ces merveilles de la création.


Une fois arrivé dans Sin Ho, m’arrêtant encore une fois pour contempler les lumières du soleil couchant sur le plateau et les montagnes alentours, quelques enfants arrivent, intrigués par un vélo ainsi chargé. L’une d’entre eux parle correctement anglais et j’explique mon périple, les étapes à venir, qui je suis, etc… Grâce à eux je trouve un endroit pour planter ma tente, puis vais négocier une douche chaude au home stay voisin. Un vrai prince !
Dîner en ville où je rencontre Charlie, anglais originaire d’Exeter (bien connu des rugbymen qui suivent la coupe d’europe), arrivé ici un peu par hasard. Le Lonely planet explique que Sin Ho est située dans un écrin à découvrir rapidement, avant d’être envahi par les touristes. Pour ma part, n’ayant à peu près pas prévu grand chose, c’est la providence qui me l’a fait découvrir – ayant hésité entre le chemin facile qui suivait la vallée, et la route de montagne y passant – pour ma plus grande joie.

Le lendemain il me reste une cinquantaine de kilomètres jusqu’à Lai Chô que j’espère boucler avant le déjeuner. Pas de bol, il y a un col à passer, et je m’arrête un peu avant pour me restaurer. Un panorama à 230 degrés sur des rizières situées en contrebas, 500m plus bas, et dessinant des formes artistiques au gré des séparations des cours d’eau.
J’arrive ainsi en début d’après-midi à Lai Chô – nouvelle – car l’ancienne a été noyée par un barrage à une centaine de kilomètres. C’est donc une cité presque trop parfaite qui m’attend au fond de la vallée, avec ses larges avenues désespérément vides. Il n’y a pas ou très peu d’animation, quelques faubourgs avec des magasins mais on perçoit bien qu’il manque encore des habitants. Dommage pour une ville !
Repartant après une pause coca / biscuits, je vais alors faire une très chouette rencontre sur le bord de la route…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *