La route qui s’enroule tout autour du vieux monde

Le 28/11/16

La route défile sous les roues du vélo, mange-poussière avale vaillamment les kilomètres malgré le relief imposant.
Dès le premier jour, ça n’était pas une partie de plaisir. Des côtes comme vous en avez rarement vu, 60m de dénivelé en 700m, pour replonger puis recommencer juste après. A se demander comment la route a été pensée. Cela donne de beaux paysages mais la rend difficile à pratiquer à vélo !
Une belle mise en jambe donc, et après 60km il est temps de mettre le clignotant, s’arrêter pour la nuit. Un emplacement de camping idéal s’offre à moi, c’est une invitation.
Le lendemain, café offert par les policiers, puis passage à Mae Sariang. En chemin je croise le premier cycliste – Peter – un allemand qui voyage pendant 1 mois à vélo en Thaïlande. A Mae Sariang, c’est dans un restaurant tenu par des catholiques que je m’arrête ! Les images de la vierge Marie et du Christ au mur ne trompent pas. Joree est tout heureux de discuter avec moi, et est aux petits soins pour s’assurer que le voyageur ne manque de rien.
Belle rencontre d’un catholique qui vit au milieu de bouddhistes, et dont le quotidien n’est pas toujours facile vs-à-vis des autorités à cause de cela. Terrible de voir qu’un catholique qui réussi est entravé dans sa tâche quotidienne.
La route de Mae Sariang à Chiang Mai est belle, mais escarpée ! 20 km de montée ininterrompue dans l’après-midi avant de m’arrêter pour la nuit, avec là aussi des Karens comme voisins.
Le vélo fait sensation lors des checkpoint de police et j’ai toujours du mal à refuser les cafés que l’on me propose systématiquement. Amusés & joviaux, les policiers ont là une distraction qui les sort de leur morne quotidien. Leurs indications sur la route et son état sont plus précises que celles des passants. Et oui, il y a bien 30km de descente vers Hot 🙂 Belle récompense, qui malgré un patin de frein arrière récalcitrant que je finirai par enlever (plus de patin, plus de freinage du tout, plus de problème), j’arrive à Hot et poursuit jusqu’à Chomthong, bouclant une belle étape de 115km.
Le curé n’est malheureusement pas là, mais son vicaire est à proximité, vient et m’accueille avec joie. Quelle chance d’être ainsi accueilli dans une paroisse que l’on a fréquenté pendant près de 9 mois. L’église St Michel Garigoït est toujours là et le nouveau presbytère presque sorti de terre.
Messe pour le premier dimanche de l’Avent chantée par les jeunes filles du pensionnat voisin, tenu par les Salésiennes. Les répétitions doivent être multiples vu la performance fabuleuse pour accompagner la liturgie. Puis vient l’heure de rejoindre Chiang Mai, où c’est à la Mission Catholique que je serai hébergé pour la nuit. Mgr François-Xavier n’est pas là, je ne le croiserai donc malheureusement pas, tant pis. Après un tour chez le réparateur de vélo pour un bilan après quelques tours de pédales, ce qui prendra un petit peu de temps vu son enthousiasme et professionnalisme, je peux rentrer dans mes pénates. A un moment Nuc – le mécano – me dit « mais tu l’as acheté en Thaïlande ce vélo ? Il est monté n’importe comment ! ». Désormais j’ai une bête de course entre mes mains.
Direction Chiang Rai, des paysages fabuleux parcourus avec une route qui serpente en s’élevant dans la vallée, pour replonger ensuite dans la suivante. Les collines boisées abondent en eau et bois, les marchants sont nombreux le long de la route, mais le cycliste est bien seul sur son vélo avec son chapelet ! Dans les difficultés & montées, le chapelet est un bon moyen de faire passer ça, vu que dans tous les cas il faudra aller de l’autre côté de la montagne à la force de mes mollets. Si vous avez des intentions à confier, n’hésitez pas, j’ai du temps sur mon vélo dans la journée 🙂

De belles rencontres déjà, et ça n’est que le début, Chiang Rai, Chiang Saen où je suis attendu chez des sœurs, puis le Laos, début de la grande inconnue pour moi. Il m’est facile de me faire comprendre ici puisque je parle thaï, au Laos cela va commencer à être une autre paire de manches…

« A Dieu va ! »

3 réactions au sujet de « La route qui s’enroule tout autour du vieux monde »

  1. Fiquet Réponse

    C’est super de te lire…la barbe te va aussi bien qu’à ton père. On est avec toi;
    Patricia Fiquet

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