La paroisse St Joseph, à Dien Bien Phu

Depuis Dien Bien Phu
Le 10/12/16

Au milieu de cette superbe plaine parsemée de rizière, se trouve une paroisse.
10 ans déjà que l’église Saint Joseph a été édifiée, mais un curé seulement depuis quelques mois.
Les conditions politiques rendent difficile la vie à ces chrétiens qui doivent en permanence négocier avec les autorités pour édifier les églises et même se déplacer dans les villages. Heureusement c’est désormais plus facile mais cet équilibre reste fragile.
C’est le lendemain de mon arrivée que je parviendrai jusqu’à la paroisse. Quelques indications glanées ici et là qui s’avèreront fortes utiles, puisque cette dernière est en dehors de la ville elle-même, histoire de simplifier les choses !
C’est avec joie que j’ai passé les portes, encore fraîchement décorées de drapeaux et panneaux installés pour Noël & la visite du Nonce Monseigneur Girelli. J’y trouve le Père Joseph ainsi que 2 sœurs, dont je n’ai malheureusement pas noté le nom de leur congrégation. Ces dernières ne peuvent sortir en habits et sont donc dans la journée en civil.
L’une d’entre elle parle anglais et permet de faire la traduction entre tous. J’explique la raison de ma présence et 3 lettres sonnent comme un formidable mot de passe : M E P

Sous le préau, la crèche, au minimum 5 mètres sur 3, grandeur nature !
Après le traditionnel thé, cultivé dans la plaine et bu à chaque instant de la journée, le Père me fait visiter sa paroisse. Une jolie chapelle, les dortoirs où logent la quinzaine de jeunes accueillis pour leur scolarité, le jardin…
D’une façon toute simple il m’intime que je suis son invité pour le déjeuner et que je dois absolument honorer cette invitation, ce que je fais avec grand plaisir. Pendant ce temps les enfants sont de retour de l’école pour le déjeuner. Certains s’activent à la cuisine pendant que d’autres… Prennent du bon temps !



Un déjeuner traditionnel Viêt où je goûterai pour la première fois du chien, ça n’est pas si mauvais que cela. Je progresse en maniement des baguettes mais il reste du travail pour arriver à un niveau entièrement opérationnel.
Je file ensuite chercher mes sacoches restées à l’hôtel (10km à chaque fois dans chaque sens, mais c’est une promenade de santé désormais), et retourne à la paroisse où je bricole avec le père et les sœurs. Une fois les enfants rentrés de l’école il est temps de préparer le dîner, servi à 18h comme à peu près partout dans cette partie du monde.
S’ensuite une séance de photos avec les jeunes du centre, essai du vélo qui est mille fois trop grand pour eux, le tout dans les éclats de rires ! Ils sont impressionnés par ma taille qui est, il est vrai, une fois et demie supérieure à la leur…

Pendant ce temps, d’autres sont à la répétitions de chants pour la messe, qui sera celle de l’Immaculée Conception !
J’étais déçu la veille de ne pas avoir trouvé la paroisse et d’avoir eu la messe de cette Solennité, mais la providence m’a rattrapé en me donnant la possibilité d’y prendre part.
Une bonne vingtaine de fidèles se sont joints à nous pour prier ensemble, et sont très étonnés de me voir. Je sens que cela va être le cas dans pas mal d’endroits durant les prochains mois.
La liturgie est belle et soignée, les enfants de chœur en aube rouge et surplis blanc, les gestes précis. Cela fait du bien de retrouver des repères lorsque c’est une langue inconnue qui est celle usité pour la célébration.

Le lendemain, il est temps de partir après un bon petit-déjeuner.
Échanges d’adresses email, signature du livre d’or, prière ensemble, et puis j’enfourche mon destrier pour filer vers le nord, le cœur joyeux et plein d’allégresse.

La difficulté qu’ont ces gens pour vivre leur Foi est au moins autant inverse à leur ferveur et leur joie. Cette chaleur n’est pas surjouée, et donne des leçons d’espérer. La graine a germé dans le sol, et a donné du fruit en abondance. Pendant 40 ans il n’y a pas eu d’église, depuis 10 ans une nouvelle a été bâtie, et désormais un curé y réside. Qui sait si demain une cathédrale ne s’élèvera pas au milieu de ces rizières, telle Notre-Dame de Chartres au milieu des champs de blés, si chère à Péguy ?

Une réaction au sujet de « La paroisse St Joseph, à Dien Bien Phu »

  1. FRON Réponse

    Bonjour PAUL Merci de tes comptes rendus passionnants et riches en rencontres. Nous espérons que la mécanique tient le coup ainsi que ta santé . La nourriture doit être riche en saveurs et en nouveautés (je vais peu être attraper le chien du voisin pour gouter si tu dis que cela n’est pas mauvais). Je suis ton périple sur ton site ainsi que le Vendée Globe qui est aussi périlleux mais c’est une autre aventure . Nous passerons Noël dans les frimas de la Seine et Marne en famille sans Baptiste qui se trouve en école pour 6 mois à Casablanca , il ne revient qu’à la fin Janvier. Dans l’attente de tes nouvelles passe un bon Noël . Belle Messe de Noël sous les tropiques.
    Emmanuel

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