La communauté Catholique d’Almaty

Depuis Almaty

La Cathédrale de la Très Sainte Trinité d’Almaty a été érigée en 1997. Eglise tout d’abord lors de sa construction en 1995, puis siège de l’Evêque lorsque le diocèse fût recréé par le Pape Saint Jean-Paul II.

Située à l’Ouest de la ville, sur la route de Bichkek, cette Cathédrale remplace la première église construite à quelques centaines de mètres de là sous la période communiste. Cette dernière fait désormais partie de la maison des Missionnaires de la Charité, congrégation plus connue sous le nom des « soeurs de Mère Teresa ».

Le Père Eliot – OFM – Franciscain Polonais, en est le curé. Prêtre depuis 20 ans, il a passé 9 années en Pologne avant de partir pour la mission. 2 années de formation supplémentaires en Italie puis départ pour la Russie pendant 2 années afin d’y apprendre le Russe. Depuis 7 ans il est curé la paroisse de la Sainte Trinité, à Almaty.
Chez les Franciscains, partir en mission est un choix personnel, que chaque frère peut demander. Ça n’est en aucun cas une obligation et le Père Eliot en a ressenti lui l’appel.
Assisté d’un vicaire, la moisson est abondante mais les ouvriers peu nombreux.
Qu’importe, il peut aussi compter sur une dynamique équipe paroissiale pour l’aider.

« Ma première mission est de m’occuper des fidèles d’aujourd’hui avant de vouloir convertir ceux qui ne croient pas en Jésus-Christ. C’est la chose la plus importante. » Me dit le Père Eliot. Cela n’enlève rien aux nombreux baptêmes, mais donne la direction pastorale ici. En tant que Pasteur, il faut d’abord prendre soin de ses propres brebis avant de vouloir accroître le troupeau.
Chaque année une cinquantaine de catéchumènes sont baptisés à Pâques, venant soit de l’Eglise Orthodoxe, soit des athées ou encore des Kazakhs musulmans.
Ces derniers sont ceux pour lesquels le travail d’explication est le plus long car ils estiment que cela fait partie de leur identité d’être musulmans. Cependant chaque année des conversions surgissent, par l’action d’amis la plupart du temps.

Dans la même veine que les propos que Monseigneur José Luis Mumbiela Sierra me tenait, c’est l’action quotidienne des laïcs qui traduit leur Foi, pour le P. Eliot. Par leur vie, actes et les discussions qu’ils ont au quotidien, les paroissiens sont les premiers acteurs des conversions sur le territoire paroissial.
Il y a 7 ans les fidèles étaient presque exclusivement d’origine Polonaise ou Allemande, suite aux déportations des années 20 et 30 par les communistes.
Aujourd’hui ce sont presque une dizaine de nationalités qui fréquentent la paroisse dont beaucoup de Kazakhs. C’est le résultat de l’apostolat quotidien, discret, régulier des paroissiens lorsqu’ils sont avec leurs amis.
D’autres sont des Orthodoxes, baptisés, qui doivent tout de même suivre l’intégralité de la préparation. Les divergences sont réelles sur plusieurs points et ne peuvent être tenues à l’écart.

« Cette diversité de nationalités est à l’image de l’Eglise, universelle, diverse, mais une et unie. »

Après un demi-siècle d’oppression par le pouvoir communiste, où le Kazakhstan était une immense prison à ciel ouvert, il y a un réel désir personnel de Foi, de cheminement vers le Christ. Différence majeure avec les pays d’Asie du sud-est où la Foi est complètement lié à l’environnement familial, nous nous rapprochons plus ici de ce que nous pouvons observer en Europe.
Chaque année plusieurs paroissiens originaires d’Allemagne et Pologne choisissent de rentrer dans leurs pays d’origine, mais de nouveaux paroissiens arrivent également, ayant pour conséquence une augmentation numérique du nombre de paroissiens.

A la paroisse de la Sainte Trinité, l’accent est mis sur la formation et la connaissance des Saintes écritures. Heureuse surprise de constater que le besoin de comprendre l’histoire d’Israël et celle du Christ avec ses apôtres est le même ici qu’à Paris.
J’ai participé dimanche dernier à un groupe d’étude biblique, qui se réunit chaque dimanche soir pour travailler sur les écritures.
Initialement destiné aux jeunes, le succès et le besoin ressenti par les autres paroissiens a conduit le Père Eliot à l’ouvrir aux moins jeunes que prévu initialement.
Dans la semaine les adolescents ont également des temps de catéchisme afin de mieux connaître la vie de Jésus et se préparer aux différents sacrements.
L’assemblée paroissiale s’étant diversifiée au fur et à mesure des années, le P. Eliot a réussi à mettre en place un cours d’anglais pour les paroissiens le souhaitant. Un expatrié allemand les dispense une fois par semaine à ceux qui souhaitent progresser dans cette langue. Bel exemple de solidarité au sein de la communauté.
Il en va de même pour des formations à l’intention des mères de famille, pour les aider à tenir leurs maisons, à gérer les enfants s’ils ont des difficultés scolaires…
Toutes ces petites choses qui font de cette paroisse un lieu vivant où il fait bon s’y retrouver, passer du temps à échanger avec ses frères dans la Foi.

Pour le Père Eliot, il n’y a pas de réelle difficultés ici. Il préfère se positionner dans une démarche positive.
« Que puis-je faire de mieux aujourd’hui ? »
« Comment apporter la bonne nouvelle aux Kazakhs ? »
Lorsque l’on ne parle pas Kazakh, c’est une difficulté quotidienne, bien qu’une large part de la population soit Russophone.
C’est lors de visites aux familles que le travail pastoral est le plus visible pour les voisins qui découvrent alors que le curé va voir ceux qui sont éloignés de l’Eglise, qui ne peuvent pas aller à la messe…
L’accueil des enfants par les Missionnaires de la Charité (Soeurs de Mère Teresa), quel que soit leur origine ou religion, est une belle vitrine de la charité de l’Eglise.
L’été elles organisent des camps de vacances pour les enfants, âgés de 8 à 13 ans, afin qu’ils puissent se changer les idées, découvrir autre chose que la ville d’Almaty, et se reposer. C’est aussi l’occasion de leur enseigner des gestes basiques d’hygiène, d’organisation à des enfants qui n’ont parfois jamais eu de brosse à dent entre les mains !
Le catéchisme s’effectue ici d’une façon inversée, avec des enfants qui parlent du Seigneur à leurs parents, les emmenant à l’église pour leur montrer ce qu’ils vivent. Des conversions par les plus petits, quelle magnifique geste !

Aider les plus pauvres sans distinction. « Saint Vincent de Paul est notre exemple car il voulait toujours faire davantage » me dit Soeur Dominique.
3 fois par semaines, dans leur maison elles accueillent des SDF afin de leur servir un repas et leur proposer une douche. Cette dernière est un préalable au repas !
Été comme hiver, la maison ne désemplis pas et les Soeurs offrent avec toujours une générosité immense, peu importe d’où viennent les gens et leur religion.

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