Chiang Saen, chez les sœurs de la Providence

Luang Namtha,
Le 04 décembre 2016

Tapie à l’ombre des vestiges de ses remparts, Chiang Saen, lovée dans une boucle du Mékong, m’ouvre ses portes pour 2 jours, comme une invitation à y revenir. Carrefour séculier d’échanges entre les 3 voisins que sont le Laos, la Birmanie et la Thaïlande, dont parfois des marchandises peu recommandables, c’est aujourd’hui un noeud vers la Chine – voisine influente et proche.

Mais suis-je à Chiang Saen pour du tourisme ? Non. J’y suis pour rencontrer les sœurs de la Providence, congrégation fondée il y a près de 2 siècles en Italie par St Luigi Scrosoppi à Udine. Communauté ici très internationale de 4 sœurs : Soeur Jandira (Brésil), Sœurs Margareth & Paula (Birmanie), Soeur (Chine).
Leur action se porte sur l’éducation et l’évangélisation des populations locales, dans les villages Akkhas nombreux aux environs. Education totale car il ne s’agit pas simplement de former des têtes bien faites à l’école, mais surtout de former des esprits et des cœurs. Vaste programme pour une communauté arrivée récemment (5 ans) en Thailande et qui éprouve les plus grandes difficultés à bâtir à cause de contraintes administratives locales absolument hallucinantes. Pourtant les besoins sont là et cette éducation personnelle & personnalisée est nécessaire aux jeunes filles déjà accueillies dans leur centre.
Vivant de la providence, ces sœurs sont l’exemple même de l’abandon et de la confiance dans le Christ, voulant par ailleurs toujours faire plus. « D’avantage Madame » répondit St Vincent de Paul à la Reine lorsqu’elle lui disait qu’il avait fait énormément pour les plus faibles et qu’il devrait songer à prendre du repos. Nous avons ici le même état d’esprit. Faire chaque jour mieux qu’hier.

Avec les sœurs Jandira & Margareth j’ai pu visiter plusieurs familles dans les villages, ainsi qu’autour de Chiang Saen. Simplicité dans les paroles, dans les gestes. Accompagner les paroissiens, les aider à trouver des solutions, à sortir de leurs dépendances par la présence.
Des villages qui ne sont pas si pauvres que cela comparativement à certains villages Karens que j’ai visité, mais l’argent n’y a pas apporté que des bénéfices. C’est à se demander si cela ne dessert pas les villageois, autrefois nomades et sans le sou, vivant de la cueillette et de la production agricole annuelle.
Le soir discuter avec les filles de ce retour à vélo, pourquoi c’était important pour moi, et de pouvoir parler en Europe de tous ces chrétiens.

A Chiang Saen j’ai vu le visage d’une Eglise unie et confiante malgré les difficultés. Joie de prier les laudes en communauté après l’adoration dans l’aube d’un jour naissant. Joie de rire de choses simples, joie de parler du Christ en marchant dans la ville, joie de partager quelques moments avec les jeunes filles du foyer et d’expliquer pourquoi c’était important pour moi de les rencontrer… Oui une Eglise qui avance malgré les difficultés du quotidien, les moyens faibles pour des projets nécessaires & bien construits, et une volonté toute simple de vouloir changer les choses en annonçant l’Evangile.
J’ai vu une dimension missionnaire extraordinaire, des sœurs heureuses et rendant grâce à chaque instant pour cette joie d’être ici, un travail minutieux qui porte ses fruits.
J’ai vu à quel point chaque goutte d’eau est nécessaire à l’océan, et que toutes les initiatives sont bonnes pour éduquer des jeunes. Leur donner un socle solide pour tenir un foyer est certainement la meilleure chose que peuvent recevoir ces jeunes filles pour leur avenir.
A Chiang Saen j’ai été accueilli tel que le fils prodigue a pu l’être à son retour. Tel un prince, tant recevoir un étranger est quelque chose d’extraordinaire et un honneur pour ces Sœurs. Un sens de l’hospitalité perdu en Occident et qui fait chaud au cœur.
Une douce atmosphère de bienveillance qui flotte, et où le souci de l’autre est présent à chaque instant.

Ayant eu une journée où je n’ai pas pédalé, qu’ai-je pu faire pour m’occuper en plus des visites aux familles avec les sœurs ? Comme tout cycliste lorsqu’il voyage : Une lessive ! Et puis bricoler mon vélo, mange-poussière réclame des soins réguliers pour me mener à bon port.

Les sœurs de la providence ont besoin de vous pour plusieurs choses :
1. Priez pour elles et pour leur mission
2. D’être aidées pour faire construire un bâtiment permettant d’accueillir les jeunes filles d’une façon pérenne.
a. Par des contacts que vous avez avec des fonds de dotation
b. Par des dons personnels ou d’entreprises
Vous pouvez contacter la Soeur Jandira pour tout renseignement, elle se fera un plaisir de vous répondre. Jangarcosta@hotmail.com

Ces sœurs ne vivent que de la providence, et parfois la providence c’est vous !

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